Crimson Widows

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Crimson Widows

Message  Légan le Mar 26 Mar - 10:33

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- Nous interrompons votre programme pour la diffusion d’un bulletin d’information. Nous retrouvons notre envoyée spéciale sur place.
- Merci à vous et bonsoir. Je me trouve actuellement devant l’immense maison de Georg Kann, le célèbre quaterback des Haven Rangers. Si ce lieu a le plus souvent été le théâtre de liesses populaires, il est ce soir le seul témoin d’un drame qui n’a pas finit de faire parler de lui. En effet, on vient de retrouver les corps sans vie de M. Kann et de sa femme. D’après les informations que nous avons pu recueillir, il semblerait que Mme Kann ait subi diverses mutilations corporelles. Des tests sont pratiqués afin de déterminer les circonstances d’un éventuel viol sur sa personne. M. Kann est la onzième personnalité sportive retrouvée tuée à son domicile en quarante huit heures, un chiffre qui inquiète la population au plus haut point. S’agit-il d’un règlement de comptes ? Ou bien ces sportifs menaient-ils une double vie ? Les services de police couvrent les scènes de crime mais il leur faudra un moment avant qu’ils ne parviennent à résoudre ce qui s’annonce comme l’une des plus grandes tueries de la décennie. C’était Jessica Hives, en direct pour v...
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J’éteins la télévision. Ou plutôt, l’appareil minuscule qui montre les images. Le luxe n’est pas pour aujourd’hui. Et puis, qui suis-je pour me plaindre ? Les autres prisonniers auraient payé cher pour avoir ne serait-ce qu’un quart de mon confort. Mais j’avais su tirer mon épingle du jeu, au sens propre comme au sens figuré. Rapidement, je me repasse en mémoire ce que je viens de voir..
Une sirène de police retentit. Puis plusieurs, mélangées. Il y a des lumières, aussi. Un homme blanc, bien au chaud dans son bureau, laisse rapidement la parole à une jeune journaliste métisse qui doit lutter contre le froid au beau milieu de la nuit. Lui avait fait son temps, déjà. Elle, de toute évidence, a encore la flamme propre à sa jeunesse.
J’avais moi aussi fait mon temps, en quelque sorte. Bien sûr, j’aurais pu profiter davantage de la vie, si je ne m’étais pas stupidement fait arrêter lors de mon dernier casse. Ça, c’était la grande aventure. Tout était calculé, soigné, millimétré. On repartait aussi vite qu’on arrivait, nos sacs de toile remplis de billets ou de marchandises à revendre. Pas de violence. Pas de bagarres. C’est ce gamin que j’avais pris avec nous qui avait fichu mon plan en l’air. Il ne courait pas assez vite. J’avais dû l’attendre, et quand la police était arrivée, j’eus juste le temps de le pousser dans un passage dérobé pour qu’il disparaisse. Il serait libre et je purgerais ma peine. Ne croyez-pas que j’ai fait ça par bonté de coeur. Les policiers l’auraient utilisé contre moi s’ils avaient mis la main dessus. En le poussant, c’est ma vie que je sauvais.
J’ai pris douze ans. Pour vol aggravé. Ils ont confisqué mes biens. Une partie, seulement. Je me réserve l’autre pour ma sortie.


Dans un an, trois mois et onze jours, je serai libre. J’aurai purgé dix ans. Et puis, j’ai cette cellule, maintenant. Il y a deux mois environ, j’ai contribué à la réinsertion professionnelle des prisonniers. J’ai montré l’exemple. Du moins, c’est ce qu’ont dit les bureaucrates en allégeant ma peine. Pour services rendus. Tout ça pour avoir formé une équipe de Bloodbowl au sein de la prison et l’avoir menée jusqu’à la finale d’une coupe qui se déroule tous les quatre ans entre divers centres de détention. La prison m’aura au moins appris les règles de ce sport. C’est mon ancien compagnon de cellule qui me les a inculquées. Il connaissait tout dans les moindres détails. Une véritable encyclopédie. Il était capable de donner le résultat de n’importe quel match ayant eu lieu les cinq dernières années. Avec toutes les statistiques de jeu. Un génie. Enfermé. Pas dans une lampe comme dans les contes mais derrière des barreaux. Arnaques, tricheries, il était recherché par tous les bookmakers qui existent. Il serait mort s’il n’avait pas fini au trou.

Nous sommes en 2494. Je sors enfin. L'air.

[suite au prochain épisode]

Légan

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Re: Crimson Widows

Message  Djenjhis le Mar 26 Mar - 12:08

Super Legan

Tu m'autorises a le publier dans la gazette ???

Sinon la suite , envoie la moi en MP et on publiera ça ! Les lecteurs vont adorer Wink

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Re: Crimson Widows

Message  Djenjhis le Mar 26 Mar - 12:10

J'avais lu en diagonale ! Ça pas trop de rapport avec blood bowl en fait Smile

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Re: Crimson Widows

Message  Légan le Mar 26 Mar - 14:24

C'est l'histoire de l'équipe des Crimson Widows. Enfin, le début.

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Re: Crimson Widows

Message  Légan le Mer 27 Mar - 13:18

La nuit est particulièrement noire aujourd’hui. Une nuit sans lune, comme il en arrive parfois. Seuls les flashes lumineux produits par les violents éclairs font disparaître un court instant l’obscurité ambiante. L’orage dure depuis deux jours déjà. Du jamais vu. Les grosses gouttes de pluie tombent en un vacarme assourdissant sur le marbre des tombes du cimetière. Quelques rapaces décrivent des cercles dans le ciel avant de fondre au sol pour finalement se poser sur des arbres, des buissons ou des pierres tombales. Un nouvel éclair fuse et le tonnerre lui répond presque aussitôt. C’est signe que l’orage est proche. Soudain, un nouveau grondement. Aucun éclair ne l’a précédé cette fois. Ce n’est pas le tonnerre. Ça vient du sol. Les oiseaux se rapprochent. Corneilles, corbeaux, ils sont tous là. Eux aussi veulent assister à cet évènement. La terre déjà rendue meuble par l’eau s’écroule en divers points, s’élève en d’autres. L’endroit est méconnaissable. Encore un éclair, et le tonnerre qui lui succède, immédiatement. Un nouveau grondement, aussi. Un cri de déchirure. Des formes se tiennent vaguement debout. Ceux qu’on croyait morts sont de retour.

Dans un même battement d’ailes, les oiseaux de mauvais augure s’envolent. Ils ont été les témoins privilégiés d’un phénomène paranormal. Ils ont vu ce qu’ils voulaient voir et sont repartis. D’aucuns verraient là un signe de malheur ou une prophétie s’accomplissant. Peut-être en est-ce une, après tout. Quand l’éclair suivant zèbre le ciel, tout est terminé. À moins que tout ne vienne juste de commencer.

Onze silhouettes se dessinent dans la pénombre. Certaines plus frêles, d’autres plus imposantes, d’autres encore plus alertes. Pour chacun d’eux, c’est l’étape la plus difficile. Car la mort n’est pas pénible. La rage de vengeance n’est pas insupportable. Ce sont les souvenirs qu'il faut accepter. Ceux qui tiraillent l’esprit, torturent les sens et retournent le cerveau. Les souvenirs de jours meilleurs. De jours heureux. De jours qui ne reviendront pas. Tous, à leurs manières, revivent les derniers instants de leur vie. L’entrée de ces gens cagoulés chez eux. Les regards appuyés envers leurs femmes. Leurs armes. Les tortures infligées. Physiques, bien sûr, avec les coups de batte ou de barre à mines. Morales, surtout. Comment ils ont été forcés à regarder leurs femmes se faire battre et violer par ces hommes. Ces salauds. Et l’exécution. Sommaire.

Les minutes s'égrènent doucement alors que les non-morts s’adaptent à leur après-vie. Ils ont tous vécu des choses abominables. Mais une seconde chance leur est offerte. Sans qu’ils ne sachent comment ni pourquoi. Les faits sont là. Eux, sont là. Leurs assassins ne le savent pas encore, mais une nouvelle aube est sur le point de se lever. Une aube rouge.

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Re: Crimson Widows

Message  Légan le Ven 29 Mar - 16:02

J’avais oublié à quel point c’était agréable dehors. Je suis sorti, souvent, dans ma prison. Mais aussi grand soit le terrain, les hauts murs et leurs grillages tout autour donnent une sensation d’asphyxie. Maintenant au moins, je respire.

Je marche dans les rues, tournant au hasard, à droite, puis à gauche. Le temps passe sans que je ne l’aperçoive, ou plutôt, sans que je ne m’en soucie. Personne ne m’attend et je n’ai aucune obligation. Il y a même des endroits que je ne connais pas. Dix ans, ça change une ville, autant que ça change un homme. C’est dans une ruelle que je les remarque. Ils sont devant moi et m’ont vu, eux aussi. Ils me font penser à ces jeunes, à vouloir ressembler à des gangsters. Tout juste bon à effrayer mamie et son pékinois. Désolé les gars, il va falloir un peu plus que ça si vous voulez mes quelques biens.

L’un d’eux se lève - je remarque qu’il n’était alors qu’assis contre le mur - et s’avance. Bon sang il doit bien mesurer deux mètres et demi. Deux points rouges brillent dans le noir, là où devraient être ses yeux. Un autre vient vers moi. Il semble bien plus à ma mesure. Une voix trop aiguë pour sa morphologie sort de sa bouche.

- Tu pourrais …

Ça commence mal, je ne supporte pas qu’on me tutoie.

- nous aider … à trouver ?

À trouver ? Qu’est-ce qu’ils peuvent bien chercher ici ?

- Euh, ouais, vous cherchez quoi ?

Un autre type prend la parole. Une voix plus affirmée, un peu sèche.

- Pas quoi. Qui.

- Vous avez perdu quelqu’un ? L’un de vos potes ?

- On a … tout perdu.

Le ton qu’il emploie prend soudain une dimension tragique. Je me demande si elle vient d’apparaître ou si elle m’avait échappé jusque là. Je sais reconnaître le désespoir quand je le rencontre, et j’étais ce soir devant sa forme la plus pure. Une quatrième personne se met à parler. Je les compte rapidement, ils doivent être une petite dizaine.

- On est juste nous.

Je ne saurais dire pourquoi, mais prononcés ici, par ce gars et de cette manière, cette phrase voulait dire bien plus que les mots dont elle était composée. Ils n’avaient plus rien, plus personne. Je me surprends à m’adosser au mur avec eux pour discuter. Maintenant que je suis proche d’eux, je remarque qu’ils ne sont pas tout à fait humains. Ça non plus, il y a dix ans, ça n’existait pas dans notre ville. Une forme d’empathie, supplée d’un pic de curiosité maladif et d’un besoin vital de me sentir vivant et plus heureux que d’autres me pousse à leur demander plus de détails. Ils ont besoin d’aide ? Je les aiderai. Du moins, j’essaierai. Jusqu’à ce que ça me lasse.


[suite et fin prochainement]

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